Nouvelles taxes sur les paris sportifs : 396 millions d’euros stabilisés pour l’ANS dans le projet de loi de finances 2026
Une manne financière pour le sport camerounais
Le projet de loi de finances 2026 réserve une bonne nouvelle aux amateurs de paris sportifs et aux acteurs du sport au Cameroun. Les taxes prélevées sur les mises des bookmakers en ligne et physiques devraient générer une somme stable de 396 millions d’euros pour l’Agence Nationale du Sport (ANS). Cette mesure, inscrite dans le budget prévisionnel de l’État, vise à consolider le financement du sport de haut niveau et des infrastructures. Alors que les paris sportifs explosent en popularité (avec des opérateurs comme Mega Pari, Supabet ou les locaux comme Parions Sport) cette stabilisation marque un tournant. Décryptage des enjeux.
Contexte : L’essor des paris sportifs au Cameroun
Depuis l’adoption de la loi n° 2018/011 du 11 juillet 2018 régissant les jeux de hasard et paris sportifs, le secteur a connu une croissance fulgurante. En 2025, les mises des parieurs de paris sportifs au Cameroun ont dépassé les 500 milliards de FCFA (environ 760 millions d’euros), selon les estimations du Ministère des Finances. Les taxes, fixées à 20% sur le produit des mises brutes (PMB), représentent une part croissante des recettes fiscales.
Dans le projet de loi de finances 2026, déposé en février dernier à l’Assemblée Nationale, l’ANS se voit attribuer 396 millions d’euros – soit environ 260 milliards de FCFA. C’est une stabilisation par rapport à 2025, où les prévisions atteignaient 380 millions d’euros, mais avec une exécution réelle revue à la hausse grâce à la digitalisation des paris. Cette somme provient principalement de :
- 15% du PMB reversés directement à l’ANS.
- Des pénalités et redevances sur les opérateurs non conformes.
Cette manne n’est pas anodine : elle finance les primes des athlètes, la rénovation des stades et les programmes de formation, comme ceux des Lions Indomptables ou des catégories jeunes.
Détails de la mesure : Comment ces taxes sont calculées et allouées

Le mécanisme est simple mais efficace. Tout opérateur de paris – qu’il soit agréé par le Ministère des Sports ou opère via des plateformes internationales – doit déclarer mensuellement son PMB. Sur ce montant :
- 20% partent à l’État sous forme de TVA et impôts divers.
- 15% atterrissent directement à l’ANS pour le développement sportif.
Pour 2026, les projections tablent sur un PMB de 2 640 milliards de FCFA, stabilisant ainsi les rentrées à 396 millions d’euros malgré l’inflation et la concurrence des bookmakers offshore. Le gouvernement anticipe une hausse de 5% des mises grâce à la Coupe d’Afrique des Nations 2026 et à l’essor des paris mobiles via MTN et Orange Money.
Cette stabilité est cruciale : en 2024, des fluctuations dues à la fraude avaient réduit les recettes de 10%. Le projet de loi introduit des mesures anti-blanchiment et une plateforme numérique centralisée pour traquer les flux illégaux, boostant ainsi la fiabilité des projections.
Impacts sur les acteurs : Bookmakers, parieurs et sport
Pour les bookmakers, c’est un signal mixte. Les taxes stables encouragent les investissements (Parions Sport prévoit d’ouvrir 50 nouvelles agences en 2026) mais la concurrence internationale (via VPN) reste un défi. Les opérateurs locaux applaudissent : “Cette prévisibilité nous permet de planifier”, confie un dirigeant sous anonymat.
Les parieurs, eux, ne sentent pas directement l’impact : les cotes restent compétitives, et les promotions (bonus de bienvenue jusqu’à 50 000 FCFA) compensent. Attention toutefois aux risques d’addiction ; l’ANS financera des campagnes de sensibilisation.
Enfin, le sport bénéficie grandement. Ces 396 millions d’euros permettront de :
- Moderniser 20 stades régionaux.
- Doubler les bourses des athlètes élites (jusqu’à 5 millions FCFA/an).
- Lancer un fonds pour l’équipement des clubs de Division 1.
Exemple concret : le Stade Omnisports de Yaoundé pourrait voir ses tribunes rénovées avant la CAN 2026.
Défis et perspectives : Vers une régulation plus stricte ?
Malgré ces avancées, des ombres planent. La prolifération des sites pirates (estimés à 30% du marché) prive l’État de recettes potentielles. Le projet de loi propose un blocage IP et des sanctions alourdies (jusqu’à 1 milliard FCFA d’amende). De plus, l’inflation mondiale (prévue à 4% en 2026) pourrait éroder le pouvoir d’achat de ces fonds.
À long terme, cette mesure positionne le Cameroun comme un modèle en Afrique de l’Ouest, où le Nigeria ou le Sénégal peinent à monétiser leurs paris. Avec la digitalisation (80% des mises via mobile d’ici 2027), les 396 millions pourraient même être dépassés.
Un levier pour l’excellence sportive
Les nouvelles taxes stabilisées à 396 millions d’euros pour l’ANS dans le projet de loi de finances 2026 transforment les paris sportifs en pilier du budget sportif camerounais. Au-delà des chiffres, c’est un pari gagnant pour l’avenir : infrastructures au top, athlètes performants et économie dopée. Reste à l’Assemblée d’adopter ce texte d’ici juin. Les passionnés de foot et de cotes ont hâte !
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